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Évaluer un outil d'IA pour le cabinet : la grille en cinq critères.

Les outils d'IA pour avocats se multiplient, et les plaquettes se ressemblent toutes. Cette grille d'évaluation en cinq critères s'utilise en démonstration, avec les questions précises à poser.

1. L'intégration à l'existant

Un outil qui exige de changer de logiciel métier ou de messagerie part avec un handicap rédhibitoire : la migration coûte plus cher que l'outil. Posez la question : « qu'est-ce qui change dans nos habitudes le jour de l'installation ? » La seule réponse acceptable : presque rien.

2. Le comportement dans le doute

Demandez ce que fait l'outil quand il n'est pas sûr. S'il classe quand même, fuyez : une pièce mal rangée est une pièce perdue. La bonne réponse est le silence : présenter les options et laisser le cabinet trancher.

3. Le contrôle et la traçabilité

Chaque action doit être journalisée et réversible. Un envoi sans validation doit être impossible par défaut. Demandez à voir le journal d'audit en démonstration, pas sur la plaquette.

4. La conformité

Accord de sous-traitance, registre, analyse d'impact, hébergement en Union européenne, engagement écrit de non-entraînement des modèles sur vos données. Le détail des documents à exiger →

5. La tarification

Une facturation par utilisateur pénalise les cabinets qui veulent équiper toute l'équipe, assistantes comprises. C'est pourtant là que l'outil rend le plus service. Préférez un tarif à l'usage réel, lisible et sans surprise. Voir comment Mailatio aborde la question →

Avant la grille : nommer le problème

« Nous voulons faire de l'IA » n'est pas un problème, c'est une intention. « Nos pièces mettent trois jours à arriver dans le dossier » en est un, et il se vérifie.

Écrivez en une phrase ce que le cabinet veut voir disparaître, puis chiffrez-le grossièrement : combien d'heures par semaine, chez combien de personnes. Sans ce repère, toutes les démonstrations paraissent convaincantes, parce qu'aucune n'est comparée à quoi que ce soit. Le calculateur de coût du courrier donne cet ordre de grandeur en trois curseurs.

Les questions à poser pendant la démonstration

Sept questions, dans cet ordre. Elles se posent à l'écran, pas sur la plaquette.

  1. « Montrez-moi ce qui se passe avec un email dont vous ne trouvez pas le dossier. » C'est le seul moment de la démonstration qui vous apprend quelque chose.
  2. « Montrez-moi le journal d'audit de ce que vous venez de faire. » S'il faut vous rappeler la semaine prochaine, il n'y a pas de journal.
  3. « Combien de temps entre la signature et le premier email correctement classé ? » Une réponse en jours est suspecte : apprendre les conventions d'un cabinet prend du temps.
  4. « Qui, chez vous, peut accéder au courrier de mon cabinet, et dans quelles conditions ? »
  5. « Mes données contribueront-elles à entraîner vos modèles ? » La réponse doit être non, et elle doit être écrite.
  6. « Que se passe-t-il si j'arrête dans six mois ? » Cherchez où vit le travail déjà fait : chez vous, ou chez eux.
  7. « Montrez-moi maintenant, à l'écran, le tarif pour un cabinet de ma taille. »

Les signaux d'alerte

Qui associer, dans le cabinet

Un outil choisi par le seul associé se paie à l'usage : il est acheté sur une promesse et abandonné sur un détail que personne n'avait regardé.

Cadrer le pilote

Une démonstration prouve que le produit existe. Un pilote prouve qu'il marche chez vous. Les deux ne se remplacent pas.

Questions fréquentes

Quel est le critère le plus discriminant pour choisir un outil d'IA au cabinet ? +

Ce que l'outil fait quand il n'est pas sûr. S'il classe quand même, une pièce mal rangée est une pièce perdue, et le cabinet passera plus de temps à réparer qu'il n'en aura gagné. La bonne réponse est de présenter les options et de laisser le cabinet trancher.

Faut-il changer de logiciel métier pour avoir de l'IA au cabinet ? +

Non, et un outil qui l'exige part avec un handicap rédhibitoire : la migration coûte plus cher que l'outil, et fait courir un risque réel sur l'historique. Une couche qui se branche sur l'existant apporte le même bénéfice sans rien déplacer.

Combien de temps doit durer un pilote ? +

Au moins un mois, sur les vraies boîtes du cabinet, avec un critère de succès écrit avant de commencer et une date de décision. Assez longtemps pour voir passer une facturation, une échéance et un dossier qui change de mains.

Quels documents demander avant de signer ? +

L'accord de sous-traitance de l'article 28, le registre des traitements de l'article 30 et l'analyse d'impact de l'article 35, plus un engagement écrit de non-entraînement sur vos données. Le détail figure dans le guide RGPD et IA au cabinet.

Une facturation par utilisateur est-elle un problème ? +

Elle pénalise les cabinets qui veulent équiper toute l'équipe, assistantes comprises — c'est-à-dire précisément là où le classement du courrier se fait. Un tarif assis sur l'usage réel évite ce calcul de licences.

●À lire ensuite

RGPD et IA : les documents à exiger avant de signer →

Accord de sous-traitance, registre des traitements, analyse d'impact : le pack complet.

Secret professionnel et IA : la grille du déontologue →

Ce qui est acceptable, ce qui ne l'est pas, et la ligne rouge de l'entraînement des modèles.

Organiser la boîte mail du cabinet : la méthode →

Arrêter de stocker dans la boîte : conventions de nommage, tri quotidien, automatisation.

Faites-nous passer la grille en démonstration.